Avant de lire : En noir : les dialogues
en rose : narration par Anna
en bleu : narration par Elias
Ça faisait environ une dizaine d'heures que je roulais et je commençais franchement à fatiguer. La radio diffusait un de ces vieux tubes dont les gens raffolent. J'avais un peu poussé la voiture vers ses limites et elle montrait elle aussi quelques signes de fatigue. Soudain, je sentis le moteur caler et la voiture s'arrêta devant une maison, au milieu de la campagne. C'était bien ma veine : la voiture venait de tomber en panne ! Je pestait contre elle et frappait le volant puis je me rendis compte qu'il faisait nuit.
Je sortais mon portable dans l'espoir d'appeler le réparateur mais je vis que ma batterie était à plat. Foutu portable ! Tout était contre moi ce soir. En plus de ça, j'étais perdu. Perdu au milieu de nulle part. Je ne connaissais même pas cette région. C'était l'inconnu total pour moi et j'avoue que ça m'effrayait un peu.
Je sortis de la voiture et observait les environs. La lune était pleine et éclairait parfaitement les champs autour de moi. Ironie du sort, je me retrouvait néanmoins devant une jolie petite maison de campagne dont une fenêtre était encore allumée. Je regardais l'heure à ma montre : 2h57. Quelle impolitesse de débarquer ainsi chez les gens à une heure aussi tardive. Mais je ne pouvais pas attendre là : le vent commençait déjà à se lever et je grelottait légèrement.
Je pris mon courage à deux mains et j'avançais timidement vers la porte. Je poussais le petit portail en bois et m'avançait vers la porte. C'était une petite maison cossue mais qui semblait tout à fait agréable. C'est sur que ça changeait des villas luxueuses de Miami Beach mais le calme omniprésent de la nuit donnait à la maison un petit aspect reposant.
J'étais enfin arrivé à la porte et toquait doucement pour ne pas réveiller les éventuels personnes qui dormiraient à l'intérieur de la maison. J'entendis quelques pas ans la maison puis la porte s'ouvrit sur une charmante jeune femme blonde aux cheveux mi-longs.
Je portais alors un vieux bas de pyjama déteint et un pull en laine blanc car le feu dans la cheminée s'était éteint petit à petit et il avait fallu que je me couvre. J'ouvris donc la porte et tombais nez à nez avec un jeune homme d'environ vingt cinq ans qui semblait gelé. Je m'écartais de l'entrée pour le laisser passer en lui murmurant un petit 'entrez'.
Après un timide sourire et une mine quelque peu déconfite, il se décida enfin à entrer. Je l'observais jusqu'à ce qu'il prenne enfin la parole.
- Heu, excusez-moi de vous déranger comme ça en pleine nuit mais, heu... je viens de tomber en panne et mon portable n'a plus de batterie. Est-ce que je... pourrais utiliser votre téléphone ?
- Vous pouvez utiliser mon téléphone mais honnêtement, je doute qu'il y ai encore des réparateurs ouverts à cette heure-ci !
Il parut soudain gêné. Il passa négligemment sa main dans se cheveux en bataille, poussa un ou deux soupirs puis me fixa.
- J'ai une chambre d'amis si ça peut vous dépanner.
Un léger sourire étira ses lèvres.
- Vous êtes sure que ça ne vous dérangera pas ? Enfin, je suppose que votre petit ami ou même votre mari risque d'être furieux demain matin en me découvrant non ?
- Est-ce que c'était une façon détournée de me demander si j'étais libre ?
- En quelque sorte oui...
Je lui fit alors mon sourire le plus craquant et passait encore une fois ma main dans mes cheveux. Qu'allait-elle penser de moi après ça ? J'étais presque certain qu'elle était en train de chercher une réponse bien cinglante au fond d'elle-même mais elle lâcha tout simplement :
- Je le suis en effet.
J'essayais tant bien que mal de me retenir d'exploser de rire. Il ne devait certainement pas s'attendre à ce genre de réponse de ma part. Il me sourit puis enfonça ses mains dans ses poches. Je décidais alors de briser le silence.